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Quitter Paris en Haut Débit | Collaboratif
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Quitter Paris en Haut Débit

On les appelle les néo-ruraux. Eux, ce sont des jeunes ménages qui, malgré la distance d'un job souvent urbain et l'absence ou la rareté de commerces et de services, ont décidé de s'installer au vert. Et si les entreprises faisaient pareil ? Locaux plus grands et moins chers, salariés moins stressés, qualité de vie... Avec aujourd'hui un atout de taille : les nouvelles technologies. Qui pourraient bien être le déclencheur d'un véritable "exode urbain".

Le très haut débit, priorité nationale

A première vue, on dirait le nom d'une nouvelle drogue. Pas dangereux pour 2 sous, le THD pourrait bien devenir addictif pour de nombreux Français. Le THD, c'est le Très Haut Débit, qui vise une amélioration des réseaux de communication à haut débit sur fond de fibre optique. Et le projet est ambitieux : d'ici 2025, toute la population doit être "hautement connectée" ! Un investissement d'État de 2 milliards d'euros tout de même.

Hors de question donc de se limiter aux grandes métropoles : « la volonté du Gouvernement est d’organiser le déploiement des nouvelles infrastructures numériques […] dans les territoires ruraux, afin de ne pas laisser se créer une fracture numérique », annonçait fièrement le communiqué du Gouvernement en juin dernier. Un travail de fourmi qui a déjà commencé : les quelques 2 400 âmes d'Aumont-Aubrac, charmante petite bourgade du nord Lozère, ont d'ores et déjà droit à la fibre optique jusqu'à leur porte (FTTH : Fiber To The Home), récemment déployée par Net48, filiale d'Altitude Infrasructure.

Et pour ne pas attendre 2025, on peut compter sur des solutions filaires classiques, telle que l'ADSL+, et même sans fil avec le WiMax par exemple ( ± 70Mbits/s sur une cinquantaine de kilomètres) ou même la 4G qui, théoriquement, peut atteindre des débits proches de la fibre optique. Des solutions en plein développement en attendant le 100% fibre.

 

Des entreprises « Rural Ready »

Bouchons, métros et autres RER ou TER surchargés quand ils ne sont pas en retard, des prix de l'immobilier historiquement hauts : nombreux sont les citadins à étouffer. Or, dans les entreprises, combien de collaborateurs ne bougent jamais de leur bureau et échangent à distance avec leurs collègues, clients ou fournisseurs ? Quel intérêt d'imposer un tel traitement à des salariés qui peuvent exercer leur activité n'importe où du moment qu'ils ont un ordinateur et un accès au Internet ?

Bref, un véritable appel d'air de campagne... D'autant que les solutions de travail à distance et collaboratif sont au point et déjà largement diffusées : agendas et carnets d'adresses partagés, forums en ligne permettant un échange libre d'informations, espace de stockage virtuel, vidéo-conférences, etc. Le tout sur fond de SaaS et de Cloud. Et la sécurité du réseau intersite ? Rassurez-vous, de nombreux fournisseurs de services d'infrastructure seront ravis de venir vous installer un de ces fameux Réseaux Privés Virtuels (VPN) !

Quant aux déplacements, il ne faudrait tout de même pas oublier que la France est pionnière dans le réseau ferré à grande vitesse ! Tandis que les lignes aériennes intérieures se font de plus en plus nombreuses, de moins en moins chères et sont ultra rapides. Sans compter un réseau autoroutier déjà dense et qui s'améliore de jour en jour.

 

Le télétravail, un premier pas

Bien sûr, pour les entreprises déjà existantes, un déménagement ne s'improvise pas. Et peut déstabiliser leur équilibre : auprès de leurs clients comme de leurs collaborateurs d'ailleurs. Dans ce cas, la solution du télétravail est une bonne mise en jambe. Surtout si les salariés concernés peuvent s'installer où bon leur semble : un 3 pièces vendu à Paris permet allègrement de s'offrir un maison avec piscine dans la plupart des régions de France. De quoi s'aménager un bureau complètement séparé du reste de l'habitation, voire même de s'offrir une voiture neuve...

Et si l'expérience fonctionne, il sera alors envisageable de faire suivre tout le reste de l'entreprise, alors accompagnée de bout en bout par les collectivités locales, avides pour la plupart de redynamiser leur bassin d'emplois et leur économie en général : subventions publiques, mise à disposition de terrains ou de locaux et autres aides à l'emménagement y sont nombreuses, en particulier dans les Zones de Revitalisation Rurale (ZRR). Tandis que sur un plan fiscal, l'entreprise peut aussi y trouver son compte, avec des réductions d'IS, de Contribution Économique Territoriale (ex taxe professionnelle) voire même de taxe foncière.

Bref, la réduction de la fracture numérique pourrait donc bien conduire à une véritable petite révolution d'ici les 10 à 20 prochaines années et redonner à nos campagnes les habitants et le dynamisme qu'elles avaient perdus : réouverture d'écoles, de commerces et qui sait, peut-être, de services publics aujourd'hui disparus.


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